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Le BME enregistre 553 séismes en 2025 avec concentration dans l'Ouest, les Nippes et le Nord-ouest

Le BME enregistre 553 séismes en 2025 avec concentration dans l'Ouest, Nippes et Nord-ouest représentant 64% des secousses.

Carte des épicentres des séismes enregistrés en Haïti au cours de l’année 2025. BME

Table des matières

« Travailler sans relâche à la sauvegarde de l'environnement du pays et le placer sur la voie de la sécurité sismique » : l'UTS publie le bilan sismique annuel avec une diminution de 12% par rapport à 2024

PORT-AU-PRINCE — L'Unité Technique de Sismologie (UTS) du Bureau des Mines et de l'Énergie a présenté le bilan des activités sismiques observées en Haïti durant les douze mois de l'année 2025. Les données, « évidemment traitées et analysées, sont collectées à partir des réseaux sismologiques locaux (Ayiti-séismes et UTS) et régionaux (Cuba, Jamaïque et République Dominicaine) », selon le document signé par Sophia Ulysse, coordonnatrice de l'UTS, et approuvé par Claude Preptit, Directeur Général du BME.

« 553 séismes ont été enregistrés au cours de l'année 2025, contrairement à l'année précédente qui en a connu 628, ce qui dénote une diminution de 75 secousses, soit de 12% par rapport à 2024 », précise le bilan. La répartition mensuelle « est très inégale et affiche une valeur moyenne de 46 séismes par mois, contrairement à l'année 2024 qui en affichait 52 ». Le document indique que « le nombre de séismes a été plus élevé au cours des mois de mai et d'août avec 60 secousses observées pour chacun de ces mois ».

La magnitude des séismes enregistrés « est comprise entre 0,2 et 4,2, ce qui qualifie les séismes observés de très mineurs à légers ». Les magnitudes inférieures ou égales à 3 « sont au nombre de 503 et représentent 90,9% des séismes de l'année ». Les 50 séismes restant (9%) « ont des magnitudes variant entre 3,1 et 4,2 ». La plus grande magnitude pour l'année 2025 « a été de 4,2, elle est survenue le 23 août dans le Nord-ouest en mer au large de Jean Rabel ».

En mer, « le nombre de séismes enregistrés pour l'année s'élève à environ 206, soit 37,25%, avec une forte concentration autour de la presqu'île du Nord-Ouest ». Le bilan précise que « les séismes survenus en mer sont susceptibles de provoquer des tsunamis lorsque les conditions sont réunies : magnitude supérieure à 6,5, profondeur inférieure à 50 km, failles en mer ».

« Les séismes enregistrés à une profondeur inférieure ou égale à 10 km sont au nombre de 263, soit 47,5% ». Ces séismes « sont qualifiés de superficiels, car ils se produisent dans la partie la plus superficielle de la croûte terrestre, leur impact en surface est plus perceptible que les séismes localisés à une grande profondeur ».

Concernant la répartition géographique, « les séismes enregistrés au cours de l'année 2025 sont répartis à travers les dix (10) départements géographiques du pays et montrent encore une inégale activité sismique par département ». Le graphique indique « une répartition par ordre décroissant, commençant par l'Ouest qui a enregistré pour l'année, 138 secousses, soit 24,9%, les Nippes, en deuxième position avec 115 secousses, soit 20,7% et le département du Nord-ouest en troisième position avec 102 secousses, soit 18,4% ».

« Ces trois départements se présentent encore cette année parmi les plus secoués du territoire. L'année dernière ils totalisaient 395 secousses sur 628, soit 59% alors que cette année ils totalisent 355 secousses sur 553, soit 64% des secousses de l'année », souligne le document. Les départements les moins secoués « ont été le Centre, le Nord et le Nord-Est qui n'ont connu au total que 31 secousses sur les 553, soit 5,6% ».

Le bilan se termine par un appel à la population haïtienne « en l'exhortant à prendre davantage conscience de ce phénomène naturel, à travailler sans relâche à la sauvegarde de l'environnement du pays et de s'efforcer toujours à le placer sur la voie de la sécurité sismique en construisant mieux et en appliquant les consignes de la Protection Civile ».

Haïti se situe dans une zone de forte activité sismique en raison de sa position à la frontière de deux plaques tectoniques majeures : la plaque nord-américaine et la plaque caribéenne. Le séisme du 12 janvier 2010 de magnitude 7,0, dont l'épicentre était localisé près de Léogâne, a causé plus de 200 000 morts et détruit une grande partie de l'infrastructure de la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Le séisme du 14 août 2021 de magnitude 7,2 dans le département du Sud a fait plus de 2 200 morts et des dégâts matériels considérables.

La surveillance sismique assurée par l'UTS, en collaboration avec les réseaux régionaux, permet de collecter des données essentielles pour la recherche scientifique, l'évaluation des risques et la planification de la prévention des catastrophes. Les normes de construction parasismique demeurent insuffisamment appliquées en Haïti, particulièrement dans le secteur informel qui représente la majorité des constructions résidentielles et commerciales.

Le Bureau des Mines et de l'Énergie, sous la tutelle du Ministère des Travaux Publics, Transports et Communications, joue un rôle central dans la surveillance géologique et sismique du territoire national. L'institution maintient des partenariats avec des organismes internationaux pour renforcer les capacités techniques de surveillance et d'analyse des phénomènes sismiques.


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