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Le CEP annonce l'enregistrement de 320 partis politiques en vue des élections avec deux préalables : sécurité acceptable et fonds disponibles

Le CEP annonce l'enregistrement de 320 partis politiques avec deux préalables : climat sécuritaire acceptable et fonds nécessaires disponibles.

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« L'instauration d'un climat sécuritaire acceptable et la disponibilité de fonds nécessaires à la conduite des opérations électorales » : le Président Desrosiers rappelle les conditions essentielles à l'exécution du calendrier électoral

PÉTION-VILLE — Le Président du Conseil électoral provisoire (CEP), Jacques Desrosiers, « accompagné du Secrétaire général, Peterson Pierre-Louis et de la Conseillère, Yves Marie Édouard, a précisé, lors d'une conférence de presse, ce vendredi 13 mars, au bureau central de l'institution à Pétion-ville, que 320 partis politiques se sont fait enregistrer auprès du CEP dans la perspective des prochaines compétitions électorales », selon une publication officielle du CEP.

« La fermeture du processus d'enregistrement des partis, qui a débuté le 2 mars écoulé, a été verbalisée par un Juge de Paix de Pétion-ville, le jeudi 12 mars 2026, à 8 heures du soir », précise le document. « M. Desrosiers a souligné que l'analyse des dossiers, en vue de la publication de la liste des partis agréés, le 26 mars prochain, a déjà commencé. »

« Parallèlement, le Président a indiqué que plusieurs équipes du CEP sont actuellement déployées sur le terrain en vue de finaliser le recrutement de certains membres du personnel vacataire (Grands formateurs et Agents du Registre électoral), de poursuivre la formation des membres des structures déconcentrées et de procéder à la mise à jour de la liste des centres de vote. »

« Répondant aux questions des journalistes relatives à la situation sécuritaire, le Président du Conseil électoral a rappelé les deux (2) préalables essentiels à l'exécution du calendrier électoral. Il s'agit de l'instauration d'un climat sécuritaire acceptable et de la disponibilité de fonds nécessaires à la conduite des opérations électorales », souligne le communiqué.

Cette annonce intervient alors que les groupes armés contrôlent près de 90% de Port-au-Prince selon les données d'octobre 2025. L'organisation d'élections crédibles dans ce contexte soulève des questions majeures sur la capacité des électeurs à se déplacer librement vers les centres de vote et sur la sécurité du personnel électoral et du matériel.

La situation des 1,4 million de personnes déplacées internes, dont plus de la moitié sont des enfants selon l'UNICEF, pose également un défi logistique majeur. Ces déplacés ne peuvent retourner dans leurs quartiers d'origine pour voter dans leurs circonscriptions habituelles, nécessitant des mécanismes spéciaux d'inscription et de vote.

Le financement des élections, estimé à 120 millions USD, constitue le second préalable mentionné par le Président Desrosiers. Aucun montant précis de financement disponible n'a été communiqué lors de cette conférence de presse. Le Premier ministre Fils-Aimé a rencontré le 25 février le Secrétaire d'État américain Marco Rubio en marge de la Conférence CARICOM, discutant notamment du Pacte National et de la coopération bilatérale, mais aucun engagement financier spécifique pour les élections n'a été annoncé publiquement.

Le Pacte National pour la Stabilité et l'Organisation des Élections signé le 23 février à la Villa d'Accueil a réuni des membres du Gouvernement, des représentants du Corps diplomatique, des acteurs des partis politiques, des représentants des secteurs économique et social, et des figures de la société civile. Ce Pacte établit le cadre politique de référence pour les élections à venir.

Le Premier ministre Fils-Aimé a tracé le 7 mars la feuille de route gouvernementale définissant trois priorités nationales : le rétablissement de la sécurité sur l'ensemble du territoire, le redressement économique et social, et l'organisation d'élections libres, honnêtes et crédibles pour le retour à l'ordre constitutionnel. La préparation des élections doit se faire « conformément au cadre légal et au Pacte national pour la stabilité et l'organisation des élections ».

Le nombre de 320 partis politiques enregistrés témoigne d'une participation politique diversifiée, mais soulève également des questions sur la capacité du CEP à gérer un nombre aussi important d'entités politiques dans le cadre d'élections législatives et locales. Le processus d'analyse des dossiers permettra de déterminer combien de ces 320 partis remplissent effectivement les critères légaux pour être agréés.

Le déploiement d'équipes du CEP sur le terrain pour le recrutement de personnel vacataire, la formation des structures déconcentrées et la mise à jour de la liste des centres de vote démontre la poursuite des préparatifs techniques. Toutefois, la mise à jour des centres de vote doit prendre en compte les zones actuellement inaccessibles en raison de l'insécurité.

Aucune élection n'a été organisée en Haïti depuis 2016. Le Parlement a été dissous en janvier 2023. Le retour à l'ordre constitutionnel nécessite l'élection d'un Président de la République, de deux chambres législatives (Chambre des députés et Sénat), ainsi que des autorités locales (maires, CASEC, ASEC).

Le CEP avait présenté un projet de décret le 30 octobre. Le calendrier électoral détaillé et les dates spécifiques des différents scrutins n'ont pas été communiqués lors de cette conférence de presse du 13 mars. La publication de la liste des partis agréés le 26 mars constituera une étape importante dans le processus.

Le Gouvernement a intensifié les efforts sécuritaires. Le 23 janvier, 877 nouveaux policiers ont été gradués dans le cadre du Projet P4000 visant la formation de 4 000 agents d'ici début 2027. Le Secrétaire d'État à la Sécurité Publique Mario Andrésol a présenté le 3 février le cadre de coopération stratégique MJSP-PNUD. Le Premier ministre a rencontré le Secrétaire d'État américain Marco Rubio pour discuter de la mobilisation des partenaires en appui au déploiement de la Force de Répression des Gangs.

Le Président du CPT Laurent Saint-Cyr avait déclaré lors de la cérémonie de fin de mandat le 7 février que « c'est la première fois depuis 5 ans qu'on arrive aussi loin dans le processus électoral ». Cette affirmation s'appuie sur les préparatifs techniques en cours, mais le respect des deux préalables énoncés par le Président Desrosiers – climat sécuritaire acceptable et fonds disponibles – demeure incertain.


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