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Le CPT et le gouvernement commémorent le 16e anniversaire du séisme du 12 janvier 2010

Le CPT et le PM commémorent le 16e anniversaire du séisme de 2010 avec dépôt de gerbe au Champ-de-Mars.

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« Haïti peut se relever. Haïti doit se relever. Haïti va se relever, si nous faisons, ensemble, le choix de la responsabilité, du dialogue et de l'action » : Laurent Saint-Cyr et Alix Didier Fils-Aimé appellent à l'unité et à la résilience lors de la cérémonie au Champ-de-Mars

PORT-AU-PRINCE — Le Président du Conseil Présidentiel de Transition, Laurent Saint-Cyr, accompagné de membres du Conseil Présidentiel de Transition ainsi que du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, ont participé dimanche 12 janvier à la cérémonie officielle de recueillement organisée en mémoire des victimes du séisme dévastateur de 2010, au Palais national au Champ-de-Mars, selon un communiqué de presse officiel publié le 12 janvier.

Cette « cérémonie solennelle a permis de rendre un hommage appuyé aux milliers de vies fauchées et de réaffirmer la solidarité indéfectible de l'État envers les familles endeuillées et l'ensemble du peuple haïtien », précise le document. « En signe de respect, de mémoire et de reconnaissance nationale, le Président du Conseil Présidentiel de Transition a procédé au dépôt d'une gerbe de fleurs à la mémoire des victimes du 12 janvier. »

Dans son message à la Nation, le Président Laurent Saint-Cyr a rappelé « avec gravité et espérance l'impératif du devoir de mémoire et de l'engagement collectif » : « En ce Jour du Souvenir, engageons-nous ensemble à ne jamais oublier, à mieux nous préparer, à nous rassembler autour de l'intérêt général et à bâtir une Haïti plus sûre, plus solidaire et plus résiliente. Que la mémoire des victimes du 12 janvier éclaire nos choix, inspire notre action collective et renforce notre détermination à agir ensemble, dans la responsabilité et le sens de l'État, afin de construire un meilleur avenir pour tous. Haïti peut se relever. Haïti doit se relever. Haïti va se relever, si nous faisons, ensemble, le choix de la responsabilité, du dialogue et de l'action. »

Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a souligné « la portée nationale de ce moment de recueillement et l'exigence d'une reconstruction fondée sur l'unité et l'espérance » : « En ce jour de recueillement, la Nation s'incline devant la mémoire des vies perdues et partage la douleur des familles éprouvées. Le deuil demeure, mais l'espérance aussi. Ensemble, engageons-nous à bâtir une Haïti debout, fondée sur la paix, la stabilité et la solidarité. Paix aux défunts. Courage aux survivants. Foi en l'avenir d'Haïti. »

Le communiqué précise que « cette commémoration s'inscrit dans une volonté renouvelée des plus hautes autorités de l'État de renforcer l'unité nationale, de promouvoir une reconstruction durable, et de consolider la résilience et la stabilité du pays face aux défis présents et à venir ».

Le séisme du 12 janvier 2010, d'une magnitude de 7,0 sur l'échelle de Richter, a frappé Haïti à 16h53 heure locale, avec un épicentre situé à environ 25 kilomètres au sud-ouest de Port-au-Prince. La catastrophe a causé la mort de plus de 220 000 personnes selon les estimations les plus couramment citées, bien que les chiffres exacts demeurent débattus. Plus de 300 000 personnes ont été blessées et environ 1,5 million de personnes ont été déplacées. Le tremblement de terre a détruit ou gravement endommagé des infrastructures critiques incluant le Palais national, le Palais de justice, la cathédrale de Port-au-Prince, l'Hôpital général, le quartier général de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH), ainsi que des milliers de bâtiments résidentiels et commerciaux.

La reconstruction post-séisme s'est avérée lente et complexe, marquée par des défis de coordination entre les autorités haïtiennes, les organisations internationales, et les ONG. Des milliards de dollars d'aide internationale ont été promis, mais la transformation effective de cette assistance en développement durable a fait l'objet de critiques persistantes. Seize ans après la catastrophe, de nombreux vestiges du séisme demeurent visibles dans le paysage urbain de Port-au-Prince, tandis que des milliers de personnes initialement déplacées ne sont jamais retournées dans leurs zones d'origine ou ont reconstruit dans des conditions précaires.

La commémoration du 12 janvier 2026 intervient dans un contexte sécuritaire et humanitaire particulièrement difficile pour Haïti. Selon les données de l'ONU d'octobre 2025, les groupes armés contrôlent près de 90% de Port-au-Prince, paralysant les services publics essentiels. Environ 1,4 million de personnes demeurent déplacées internes en 2025-2026, rappelant tragiquement les déplacements massifs provoqués par le séisme de 2010, bien que les causes soient différentes (violence versus catastrophe naturelle).

Le Famine Early Warning Systems Network (FEWS NET) projette que 3,0 à 3,49 millions de personnes auront besoin d'aide alimentaire d'ici mai 2026, avec des zones en phase d'urgence (IPC Phase 4) incluant Cité Soleil, Port-au-Prince et Croix-des-Bouquets. Haïti traverse sa septième année consécutive de récession économique, avec un PIB estimé en baisse de 1% en 2025. L'inflation générale atteint 31,9% (août 2025), tandis que l'inflation alimentaire s'élève à 35%.

L'appel du Président Laurent Saint-Cyr à « mieux nous préparer » fait écho aux préoccupations persistantes concernant la vulnérabilité d'Haïti face aux catastrophes naturelles. Le pays demeure exposé aux risques sismiques, cycloniques et d'inondations, avec des capacités institutionnelles de prévention, de préparation et de réponse largement insuffisantes. L'ouragan Melissa, qui a frappé fin octobre 2025, a causé 43 morts et affecté plus de 15 000 personnes dans le Grand Sud, illustrant la persistance de cette vulnérabilité.

Le Conseil Présidentiel de Transition, mis en place en avril 2024 par l'Accord du 3 avril signé sous l'égide de la Communauté caribéenne (CARICOM), a pour mandat d'organiser des élections libres et transparentes avant février 2026. Le Conseil Électoral Provisoire a publié le 30 octobre le projet de décret devant régir l'organisation des prochaines élections. Le Premier ministre Fils-Aimé a déclaré le 26 décembre que 2026 serait « l'année prioritairement pour la sécurité et l'organisation des élections générales ».

L'État a inauguré le 22 décembre deux nouveaux tribunaux de première instance à Ouanaminthe et Limbé, portant le total national à vingt juridictions, témoignant d'efforts de renforcement institutionnel malgré le contexte difficile. Le CPT a installé le 10 décembre la Commission de pilotage du projet de création d'un Institut national de traitement du cancer à Aquin, dans le département du Sud, avec une ligne budgétaire inscrite au budget 2025-2026.

La référence du Premier ministre à « une Haïti debout, fondée sur la paix, la stabilité et la solidarité » contraste avec la réalité sécuritaire actuelle où la Mission multinationale d'appui à la sécurité (MMAS), dirigée par le Kenya, fait face à des défis majeurs liés à l'insuffisance de financement et de personnel. Le Président Laurent Saint-Cyr était en déplacement à Washington les 11 et 12 décembre pour participer à la réunion du Groupe des Amis d'Haïti à l'OEA et a appelé à des contributions effectives pour la Force de Répression des Gangs (FRG).


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