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« La République ne reculera pas » : Laurent Saint-Cyr, Alix Didier Fils-Aimé et Patrick Pelissier visitent la Direction Départementale de l'Ouest et encadrent l'offensive contre les gangs armés
PORT-AU-PRINCE — Le Président du Conseil Présidentiel de Transition, Laurent Saint-Cyr, accompagné du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et du ministre de la Justice et de la Sécurité Publique, Patrick Pelissier, ainsi que du commandement de la PNH, a effectué vendredi 25 janvier une visite à la Direction Départementale de l'Ouest (DDO-1) pour « superviser directement les opérations en cours et encourager les policiers engagés dans la bataille contre les gangs armés », selon un communiqué de presse officiel.
« Face à l'insécurité criminelle qui menace la stabilité du pays, l'État haïtien réaffirme sa détermination à exercer toute son autorité sur l'ensemble du territoire national. La réponse de l'État est claire, solide, coordonnée », précise le document intitulé « Les autorités de l'État en action : la récupération des territoires ne s'arrêtera pas ».
Dans les dernières 24 heures, « plusieurs opérations policières intensifiées ont été menées dans plusieurs zones stratégiques du département de l'Ouest, parmi lesquelles Bel-Air et Delmas 4 ». Ces opérations « font partie d'une stratégie offensive de la Police Nationale d'Haïti (PNH), avec le soutien de la Task Force, pour démanteler les réseaux criminels, reprendre le contrôle du territoire et rétablir l'ordre public de manière durable ».
La Task Force mentionnée est une unité spéciale de sécurité créée en mars 2025 par le Gouvernement haïtien sous la coordination du bureau du Premier ministre. Cette force, soutenue par des éléments de l'Unité de Sécurité du Premier ministre (USPM), utilise notamment des drones dans ses opérations avec l'appui de contracteurs militaires privés américains. Depuis mars 2025, les opérations de la Task Force ont causé au moins 494 morts et 418 blessés selon les données du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH).
Le communiqué souligne que « la présence des plus hautes autorités de l'État sur le terrain montre clairement la volonté politique du gouvernement : soutenir sans condition les forces de l'ordre, renforcer leurs capacités opérationnelles, et assurer que l'action de l'État continue jusqu'à ce que la sécurité nationale soit complètement rétablie ».
Le document établit un lien direct entre l'offensive sécuritaire et le processus électoral : « Le rétablissement de l'autorité de l'État est une condition essentielle, non négociable, pour l'organisation d'élections libres, démocratiques et crédibles en 2026, qui représentent la base du retour de la légitimité institutionnelle et de la stabilité de la République. »
Pour la population, « le message de l'État est clair : La République ne reculera pas. Les forces de sécurité sont en offensive, les résultats deviennent plus clairs chaque jour, et la détermination des autorités reste totale. L'État ne fera pas de cadeau. La loi et l'autorité de l'État seront rétablies », conclut le communiqué.
Les quartiers de Bel-Air et Delmas 4 constituent des zones stratégiques de la capitale. Bel-Air, situé dans la partie basse de Port-au-Prince près du centre-ville, a connu une présence importante de groupes armés et représente un corridor critique pour le contrôle de plusieurs axes de circulation. Les opérations de la PNH dans ces zones s'ajoutent à celles menées depuis début janvier à Delmas 2 contre le gang « Krache Dife », affilié à la coalition Viv Ansanm.
Cette visite de terrain intervient deux jours après la graduation de 877 nouveaux policiers dans le cadre du Projet P4000 à l'École nationale de Police. Le Premier ministre Fils-Aimé avait déclaré : « L'État ne recule plus ; il assume pleinement sa mission », réaffirmant la détermination à « restaurer durablement l'autorité de l'État ».
Selon les données d'octobre 2025, les groupes armés contrôlent près de 90% de Port-au-Prince. Environ 1,4 million de personnes demeurent déplacées internes, tandis que 5,7 millions d'Haïtiens font face à une insécurité alimentaire critique. Le Conseil Présidentiel de Transition a lancé le 18 janvier le dialogue politique national pour définir la gouvernance après le 7 février 2026, fin de son mandat.
La Gang Suppression Force (GSF), qui a remplacé la Mission multinationale d'appui à la sécurité en octobre 2025, compte actuellement environ 1 000 agents déployés, largement en deçà de l'objectif de 5 500 personnel militaire et policier autorisés. Des contingents supplémentaires sont attendus à partir d'avril 2026.