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Les États-Unis imposent des restrictions de visa à deux membres du CPT pour soutien aux gangs

Les États-Unis imposent des restrictions de visa à deux membres du CPT et leurs familles pour soutien aux gangs.

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« Ces actions sont prises en raison de l'implication des membres du CPT dans l'opération de gangs et d'autres organisations criminelles en Haïti » : Washington révoque les visas de deux conseillers et de leurs familles immédiates

WASHINGTON — Le Département d'État des États-Unis a annoncé samedi 25 janvier l'imposition de restrictions de visa et la révocation des visas de « deux (2) membres du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et de leurs familles immédiates (époux/épouses et enfants) », selon une déclaration du Principal porte-parole adjoint Thomas "Tommy" Pigott.

« Ces actions sont prises en raison de l'implication des membres du CPT dans l'opération de gangs et d'autres organisations criminelles en Haïti, y compris par l'interférence avec les efforts du Gouvernement d'Haïti pour contrer les gangs désignés comme Organisations Terroristes Étrangères (FTO) par les États-Unis », précise le communiqué officiel.

L'action est prise « en vertu de l'INA 212(a)(3)(C), qui interdit généralement l'entrée à ceux dont l'entrée ou les activités proposées ont des conséquences potentiellement graves et néfastes pour la politique étrangère de notre nation », indique le document. Le Département d'État n'a pas divulgué les identités des deux membres du CPT visés par ces sanctions.

« Les États-Unis restent déterminés à soutenir la stabilité d'Haïti et à s'associer aux autorités haïtiennes pour combattre la violence des gangs en Haïti. Le peuple haïtien en a assez de la violence des gangs, de la destruction et des luttes politiques intestines. L'administration Trump promouvra la reddition de comptes pour ceux qui continuent à déstabiliser Haïti et la région », conclut la déclaration.

Cette annonce intervient dans un contexte de tensions au sein du Conseil Présidentiel de Transition. Le CPT a lancé le 18 janvier le dialogue politique national pour définir un mécanisme de gouvernance après le 7 février 2026, date marquant la fin de son mandat. Les discussions incluent les groupes MORN, Consensus politique, COPPOS-Haïti, KOREPAD, ainsi que les représentants des Accords de Montana et du 21 décembre, visant à garantir la continuité du processus électoral et le rétablissement de la sécurité.

Le 24 novembre 2025, le Département d'État avait déjà annoncé l'imposition de restrictions de visa à un fonctionnaire du gouvernement haïtien non identifié pour soutien aux gangs et organisations criminelles. Cette politique, annoncée pour la première fois en octobre 2022, « vise les individus (et les membres de leur famille) qui apportent un soutien financier ou matériel aux gangs et aux organisations criminelles opérant en Haïti ».

Le Conseil Présidentiel de Transition a été mis en place en avril 2024 par l'Accord du 3 avril signé sous l'égide de la Communauté caribéenne (CARICOM), avec pour mandat d'organiser des élections libres et transparentes avant février 2026. Le conseil est composé de neuf membres, dont sept avec droit de vote et deux observateurs. Les accusations américaines selon lesquelles deux membres du CPT seraient impliqués dans l'opération de gangs constituent une escalade significative dans les pressions internationales sur les élites politiques haïtiennes.

Le Président du CPT, Laurent Saint-Cyr, a effectué une visite à Washington les 11-13 décembre pour consolider le partenariat international. Il a participé à la réunion du Groupe des Amis d'Haïti à l'Organisation des États Américains et insisté sur « l'urgence de traduire les engagements internationaux en actions tangibles », sollicitant des contributions effectives pour le déploiement de la Force de Répression des Gangs.

Vendredi 25 janvier, le Président Saint-Cyr, accompagné du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et du ministre de la Justice Patrick Pelissier, a effectué une visite à la Direction Départementale de l'Ouest pour superviser des opérations policières intensifiées à Bel-Air et Delmas 4. Le communiqué gouvernemental déclarait : « La République ne reculera pas. L'État ne fera pas de cadeau. La loi et l'autorité de l'État seront rétablies. »

Selon les données du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) d'octobre 2025, les groupes armés contrôlent près de 90% de Port-au-Prince, paralysant les services publics essentiels. Environ 1,4 million de personnes demeurent déplacées internes, tandis que 5,7 millions d'Haïtiens font face à une insécurité alimentaire critique.

Les sanctions américaines visent à couper les réseaux de soutien financier et politique aux structures criminelles. Cette approche s'est progressivement étendue pour inclure non seulement les membres directs des gangs mais également les élites économiques, politiques et administratives soupçonnées de fournir des ressources, une protection ou une légitimité aux groupes armés. L'inclusion de membres du CPT dans ces sanctions témoigne de la conviction américaine que certains acteurs politiques de haut niveau maintiennent des liens avec les organisations criminelles.


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