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Laurent Saint-Cyr préside la cérémonie de fin de mandat du CPT et appelle à la vigilance contre les forces anti-démocratiques

Laurent Saint-Cyr préside la cérémonie de fin de mandat du CPT et transfère les responsabilités au Conseil des ministres.

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« Haïti est plus grande que nos ambitions, plus grande que nos divisions, plus grande que nous tous » : le Président du CPT transfère les responsabilités au Conseil des ministres dirigé par le PM Fils-Aimé

PORT-AU-PRINCE — Une cérémonie marquant la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition s'est tenue vendredi 7 février à la Villa d'Accueil. Lors de cette occasion, « le Président Laurent Saint-Cyr a affirmé clairement que le Conseil des ministres sous la direction du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé prendra le relais », selon les informations transmises.

La cérémonie s'est déroulée « en présence des membres du gouvernement, du Directeur Général de la Police, du Général en Chef de l'Armée, du Responsable de la Force de répression contre les gangs et du Corps diplomatique ».

Le Président du CPT « a reconnu le Premier ministre dans ce moment historique, mesurant tout le poids de la responsabilité qu'il assume devant la Nation ». Il a « demandé au Premier ministre de rester concentré sur les priorités du pays : sécurité, dialogue politique, élections, stabilité », soulignant qu'« il n'a pas le droit d'échouer ».

Laurent Saint-Cyr a « rappelé le symbolisme du 7 février, une journée chargée de mémoire, d'émotions et de leçons ». Il a « fait savoir que la crise de gouvernance que vit le pays aujourd'hui a de nombreuses racines », tout en montrant « toutes les avancées du CPT sur la sécurité et sur le processus électoral ». Le Président a souligné que « c'est la première fois depuis 5 ans qu'on arrive aussi loin dans le processus électoral dans le pays ».

« En 2026, la marmite du développement doit cesser de bouillir d'un seul côté », a déclaré Laurent Saint-Cyr. Il a « appelé le peuple, les jeunes, les femmes, à rester vigilants pour ne pas tomber dans les pièges des forces qui ne veulent pas que le pays avance, qui tirent toutes sortes de prétextes pour allumer des petits feux, pour nous diviser, ceux qui ne veulent pas d'élections, qui ne veulent pas de paix, de transparence, d'efficacité et de bonne gouvernance ».

Le Président a mis en garde contre « les forces qui n'ont pas peur de désacraliser l'État, qui ne croient pas en la démocratie et aux institutions ; qui oublient que si le pouvoir ne se prend pas par le recrutement mais par les élections, par un processus légitime, inclusif et transparent ».

La Secrétaire générale de la Présidence, Marie Élisabeth Régine Joseph Haddad, a « exprimé sa reconnaissance au CPT qui l'a choisie pour gérer l'institution dans la période difficile que traverse Haïti ». Elle a « annoncé que la Présidence a beaucoup appris et utilisera cette grande expérience pour devenir plus forte et plus efficace ». Elle a également « profité de l'occasion pour faire savoir qu'elle a été témoin de tous les efforts du Conseil malgré le fait que tous les objectifs n'ont pas été atteints ». Elle a « déclaré que certaines fonctions à la Présidence seront suspendues jusqu'à ce qu'il y ait un remplacement pour le CPT ».

Pour sa part, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a « exprimé sa reconnaissance envers les membres du CPT ». Il a « rendu un grand hommage au Président du CPT Laurent Saint-Cyr qui est un véritable "homme d'État" », rappelant que « la nation lui sera toujours reconnaissante ».

« La cérémonie de fin de mandat du Conseil Présidentiel de Transition ne met pas les membres du CPT à distance du peuple haïtien », précise le compte-rendu. « Tout en constatant la fin du mandat du CPT, Laurent Saint-Cyr a rappelé au peuple qu'il ne lui tourne pas le dos. Il reste un citoyen engagé, qui reste fidèle, un fils de cette terre qui croit en une vie meilleure pour tous, sans distinction. "Haïti est plus grande que nos ambitions, plus grande que nos divisions, plus grande que la crise que nous traversons aujourd'hui. Haïti est plus grande que nous tous." »

Le Conseil Présidentiel de Transition a été installé le 25 avril 2024 suite à l'Accord du 3 avril conclu sous l'égide de la CARICOM. Son mandat de 21 mois expirait le 7 février 2026. Le CPT avait lancé le 18 janvier le dialogue politique national avec plusieurs secteurs politiques pour définir un mécanisme de gouvernance pour la période post-transition.

La transition s'effectue dans un contexte sécuritaire extrêmement difficile. Les groupes armés contrôlent près de 90% de Port-au-Prince selon les données d'octobre 2025. Le Gouvernement a gradué le 23 janvier 877 nouveaux policiers dans le cadre du Projet P4000. Le Président Saint-Cyr, accompagné du Premier ministre Fils-Aimé et du ministre de la Justice Pelissier, a effectué le 25 janvier une visite à la Direction Départementale de l'Ouest pour superviser des opérations policières intensifiées à Bel-Air et Delmas 4.

Le processus électoral demeure une priorité majeure. Le Conseil Électoral Provisoire a présenté un projet de décret le 30 octobre. Le financement nécessaire est estimé à 120 millions USD. Laurent Saint-Cyr a souligné lors de la cérémonie que « c'est la première fois depuis 5 ans qu'on arrive aussi loin dans le processus électoral », marquant une avancée significative malgré les défis persistants.

Le Département d'État américain avait annoncé le 25 janvier l'imposition de restrictions de visa à deux membres du CPT et leurs familles pour « implication dans l'opération de gangs ». Cette sanction a créé des tensions diplomatiques à la veille de la fin du mandat du Conseil.

La Gang Suppression Force, qui a remplacé la Mission multinationale d'appui à la sécurité en octobre 2025, compte actuellement environ 1 000 agents déployés. Trois navires militaires américains (USS Stockdale, USCGC Stone et USCGC Diligence) sont arrivés dans la baie de Port-au-Prince dans le cadre de l'opération Southern Spear, reflétant l'engagement américain en faveur de la sécurité régionale.

Selon les données humanitaires, 5,7 millions d'Haïtiens font face à une insécurité alimentaire critique et 1,4 million de personnes sont déplacées internes. Le dialogue politique national et le processus électoral constituent des enjeux cruciaux pour la stabilisation du pays.


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