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« Améliorer la gestion des cas des survivantes et garantir un accompagnement plus humain, structuré et adapté à leurs besoins » : trois jours d'ateliers prévus en février avec le MJSP, la PNH et le MSPP
PORT-AU-PRINCE — Le Ministère de la Condition Féminine et des Droits de la Femme a tenu mardi 3 février au local du ministère « une rencontre stratégique avec plusieurs représentantes et représentants de ministères et d'institutions étatiques, notamment le MJSP, la PNH, le MICT, l'OFATMA, l'IBESR et le MSPP », selon un communiqué de la Direction de Communication du MCFDF.
« Cette rencontre s'inscrit dans le cadre de la continuité de la première réunion organisée le 27 janvier dernier à la Primature, en présence du Directeur de Cabinet du Premier ministre Me Axène Joseph ». Elle vise « la mise en place d'un groupe interinstitutionnel chargé d'assurer une prise en charge coordonnée, efficace et durable des femmes et des filles victimes de violences ».
« Conscient des graves impacts sociaux, psychologiques et sanitaires engendrés par la violence, le MCFDF donne le coup d'envoi de cette initiative en étroite collaboration avec les institutions partenaires impliquées dans la chaîne de prise en charge », précise le document. « L'objectif est d'améliorer la gestion des cas des survivantes et de garantir un accompagnement plus humain, structuré et adapté à leurs besoins. »
À cet effet, « trois (3) jours d'ateliers sont prévus au cours du mois de février afin de renforcer les capacités des acteurs impliqués et de consolider la structuration et le fonctionnement du groupe d'accueil ». Ces ateliers permettront d'établir des protocoles de coordination entre les différentes institutions impliquées dans l'accueil, la protection, la prise en charge médicale, psychosociale et juridique des survivantes.
Cette initiative intervient dans un contexte où les violences basées sur le genre demeurent une problématique critique en Haïti. Le Sous-Cluster VBG/UNFPA avait recensé 7 472 incidents de violence basée sur le genre entre janvier et septembre 2025, soit une moyenne de 27 incidents par jour. Environ 56% de ces incidents concernaient des violences sexuelles, dont 65% étaient des viols collectifs perpétrés par des gangs armés.
Le profil des survivantes montre que 76% sont des femmes adultes et 68% des personnes déplacées. Les auteurs identifiés incluent 75% de gangs armés. Seulement 27% des survivantes de viol ont accès aux soins dans les 72 heures, période critique pour la prophylaxie post-exposition et la collecte de preuves médico-légales.
Le Ministère de la Condition Féminine et des Droits de la Femme est dirigé par la ministre Pédrica Saint-Jean, qui était présente lors de l'installation de la Commission de pilotage du projet de création d'un Institut national de traitement du cancer le 10 décembre. La ministre avait également participé à la campagne lancée par le Premier ministre Fils-Aimé le 12 novembre pour l'inclusion des femmes dans le processus électoral, avec l'allocation de 3 milliards de gourdes en incitations et un quota de 30% de candidates aux élections législatives.
Les institutions participantes couvrent différents aspects de la chaîne de prise en charge. Le Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique (MJSP) et la Police Nationale d'Haïti (PNH) assurent la dimension juridique et sécuritaire. Le Ministère de l'Intérieur et des Collectivités Territoriales (MICT) coordonne la protection au niveau territorial. L'Office d'Assurance pour les Accidents de Travail, Maladies et Maternité (OFATMA) gère la couverture sociale. L'Institut du Bien-Être Social et de Recherches (IBESR) intervient pour la protection de l'enfance. Le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) assure la prise en charge médicale et psychosociale.
Le ministre de la Santé Dr Bertrand Sinal a présenté le 29 janvier le bilan sanitaire du Gouvernement, annonçant 1 708 nominations effectives en douze mois pour renforcer les capacités du secteur sanitaire. Le renforcement des ressources humaines en santé constitue un axe essentiel pour améliorer la prise en charge médicale des survivantes de violences.
La création d'un groupe interinstitutionnel vise à surmonter les défis de coordination qui limitent actuellement l'efficacité de la réponse. Les survivantes doivent souvent naviguer seules entre plusieurs institutions sans accompagnement structuré, entraînant des délais dans la prise en charge et une revictimisation par la répétition des témoignages.