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Le MCI révèle que 92% des sachets d'eau analysés ne respectent pas les normes

Le MCI révèle que 92% des sachets d'eau ne respectent pas les normes et annonce un plan d'action interinstitutionnel.

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« L'eau, source de vie, ne saurait être considérée comme une simple marchandise, mais constitue un pilier de la dignité humaine » : le ministre Monazard annonce un plan d'action interinstitutionnel après une étude alarmante

PORT-AU-PRINCE — Le Ministère du Commerce et de l'Industrie, à travers la Direction du Contrôle de la Qualité et de la Protection du Consommateur (DCQPC), a organisé vendredi 30 janvier à l'hôtel Montana une assise sur la restitution publique des résultats de l'étude sur la qualité de l'eau de consommation dans la Région Métropolitaine de Port-au-Prince et ses environs, révélant des constats alarmants sur la conformité des produits disponibles sur le marché.

Le ministre James Monazard, dans son discours de circonstance, a inscrit cette démarche « dans le respect du droit fondamental à l'eau potable, reconnu par la Résolution 64/292 des Nations Unies et garanti par la loi-cadre du 11 mars 2009 sur l'eau potable et l'assainissement, ainsi que par les avis réglementaires publiés en 2024 ». « L'eau, source de vie, ne saurait être considérée comme une simple marchandise, mais constitue un pilier de la dignité humaine, de la santé publique et du développement », a-t-il déclaré, souhaitant « multiplier les efforts au profit des consommateurs ».

L'étude, réalisée par la DCQPC entre août 2025 et janvier 2026, révèle des constats alarmants. Selon ce rapport, « plus de 92% des sachets d'eau analysés ne respectent pas les normes, avec des manquements aux obligations d'enregistrement et d'étiquetage, privant ainsi les citoyens de leur droit fondamental à l'information », selon l'Assistant Directeur de la DCQPC Papyto Vilvert.

Le ministre Monazard a insisté sur « le rôle que doit jouer le secteur privé essentiellement au respect strict des normes en vigueur ». Face à cette situation, « l'État, sous le leadership du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, mettra en œuvre un plan d'action immédiat et interinstitutionnel pour renforcer la réglementation, intensifier les contrôles et garantir un accès sécurisé à l'eau potable, conformément à l'Agenda 2030 et à l'Objectif de Développement Durable n°6 ».

L'activité de restitution organisée par le MCI « se veut un point de départ, un espace de concertation, d'échanges et de construction collective, appelant à la responsabilisation des exploitants et à la sensibilisation des consommateurs ». Elle vise à « tracer ensemble la voie vers des solutions concrètes, durables et structurantes, au service de la santé, du bien-être et de la dignité du peuple haïtien ».

Les sachets d'eau constituent une source majeure d'approvisionnement en eau de consommation pour la population haïtienne, particulièrement dans les zones urbaines où l'accès à l'eau potable du réseau public demeure limité et irrégulier. La prolifération de producteurs informels ou peu réglementés a conduit à une diversité de qualité préoccupante sur le marché, avec des risques sanitaires pour les consommateurs les plus vulnérables.

L'Objectif de Développement Durable n°6 de l'Agenda 2030 vise à « garantir l'accès de tous à des services d'alimentation en eau et d'assainissement gérés de façon durable ». En Haïti, l'accès à l'eau potable demeure un défi structurel majeur, avec une couverture insuffisante du réseau public et une dépendance importante des ménages aux sources alternatives incluant les sachets d'eau, les camions-citernes et les vendeurs ambulants.

Le ministre de la Santé Publique et de la Population, Dr Sinal Bertrand, a annoncé le 4 novembre que 2 900 cas de choléra ont été recensés depuis janvier 2025, dont 27 décès, témoignant de la persistance de maladies hydriques évitables liées à la qualité de l'eau de consommation. La Direction Nationale de l'Eau Potable et de l'Assainissement (DINEPA) a mené avec le MSPP, le FAES et le MTPTC des opérations d'assainissement, de fumigation et de dératisation dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince.

Le plan d'action interinstitutionnel annoncé par le ministre Monazard devra impliquer plusieurs institutions incluant la DINEPA, le MSPP, le MCI et les collectivités territoriales pour renforcer le cadre réglementaire, améliorer les capacités de contrôle, sanctionner les producteurs non conformes et sensibiliser les consommateurs aux risques sanitaires.


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