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Le MCI publie une note détaillée sur la contamination de l'eau potable avec des recommandations spécifiques pour les sachets et kiosques

Le MCI publie une note détaillée sur la contamination de l'eau avec E. Coli dans 15,6% des échantillons et recommandations spécifiques.

Table des matières

« 83,5% des échantillons présentent des témoins de contamination fécale » : l'étude d'août 2025 à janvier 2026 révèle la présence d'E. Coli dans 15,6% des échantillons analysés

PORT-AU-PRINCE — Le Ministère du Commerce et de l'Industrie a publié une note d'information au grand public détaillant les résultats de son étude sur la qualité des eaux traitées et conditionnées vendues dans la Région Métropolitaine de Port-au-Prince. L'étude, « réalisée sur une période de six mois allant d'août 2025 à janvier 2026, s'est intéressée à toutes les formes de vente d'eau traitée et conditionnée dans la RMPP : bouteilles, sachets, cinq gallons, kiosques de traitement et/ou de revente », selon le document.

« Les analyses de cent neuf (109) échantillons prélevés dans ces différentes catégories ont révélé une insuffisance de minéraux essentiels et une contamination bactériologique. En effet, 97,5% des tests physicochimiques ont affiché une valeur de conductivité inférieure à 50μS/cm, alors que selon les directives de l'OMS, une valeur seuil de 1200μS/cm est fixée pour ce paramètre. »

La note précise que « sur le plan bactériologique, globalement, la présence de témoins de contamination fécale (coliformes totaux, coliformes fécaux, streptocoques fécaux et Escherichia coli) a été mise en évidence dans 83,5% des échantillons ». « Les germes les plus fréquemment rencontrés dans les échantillons positifs sont les coliformes totaux (97,8% de ces échantillons). »

Le rapport souligne que « la présence de ces bactéries dans l'eau n'indique pas forcément un danger immédiat pour la santé, car plusieurs coliformes totaux ne sont pas d'origine fécale ; ils peuvent provenir d'eaux enrichies en matières organiques ». Toutefois, « certaines espèces peuvent causer des infections chez des individus au système immunitaire affaibli ».

« En revanche, le rapport met l'accent sur la présence d'E. Coli, le témoin principal et le plus fiable de contamination fécale récente, dans 15,6% des échantillons analysés globalement et dans 18,7% des échantillons positifs. Sa présence a été détectée exclusivement dans des échantillons provenant des sachets d'eau (20% des échantillons positifs) et des kiosques (19% des échantillons positifs). »

Le document explique que « la présence de cette bactérie indique une pollution fécale et un risque que des micro-organismes pathogènes (virus entériques, protozoaires ou bactéries) provenant de l'intestin des humains ou des animaux à sang chaud soient également présents ».

« La conclusion du rapport souligne que les résultats de cette étude décrivent l'état ponctuel du commerce des eaux traitées et/ou conditionnées à travers la RMPP. Ces résultats sont imputables à des manquements tout au long de la chaîne d'approvisionnement, notamment en matière de désinfection. Une désinfection efficace doit garantir un effet bactériostatique (empêchant la croissance) et bactéricide (éliminant les bactéries) jusqu'au consommateur final. »

Pour les eaux en sachet, « il s'agira d'appliquer les règles de Bonnes Pratiques d'Hygiène (BPH), de conditionnement, de stockage et de transport ». Le document recommande qu'« il faut changer les types de sachets utilisés et procéder à un étiquetage normalisé. Les entreprises doivent se doter de personnel technique bien formé et réaliser des analyses régulières pour détecter rapidement toute anomalie dans la chaîne et prendre des mesures correctives ».

« Dans le cas des kiosques, l'autre catégorie à risque élevé, les fournisseurs doivent appliquer les avis MCI/JM/DCQPC/0045/09/24 et MCI/JM/DCQPC/0044/09/24 du MCI, assurer la désinfection des camions citernes et des réservoirs et châteaux régulièrement (au moins toutes les deux semaines), gérer la traçabilité des eaux, installer des équipements additionnels (filtres, lampes UV) et disposer de personnel technique bien formé dans le domaine de traitement et la qualité de l'eau. »

Le rapport attire « l'attention sur les manquements constatés au niveau de la chaîne, lesquels sont favorables à une recroissance bactérienne ». Il note que « de manière générale, les sachets utilisés pour conditionner l'eau sont une source de contamination. En effet, contrairement aux bouteilles qui peuvent être lavées et stérilisées avant remplissage, il est difficile, voire impossible, d'appliquer ces traitements aux sachets. De plus, les manipulations à l'usine, les conditions de transports, de stockage sont autant de facteurs de risques pour les eaux ensachées. »

« Pour les kiosques de revente, les risques de contamination sont aussi multiples : absence de désinfection efficace aux centrales de production, remplissage de camions non désinfectés, fuites durant le transport, réception dans des réservoirs (châteaux) non désinfectés, etc. »

Le document souligne que « l'étude a rempli sa mission en attirant l'attention de toutes les parties prenantes sur une situation préoccupante. Loin de décrier une fatalité, elle appelle à des actions concrètes, rapides et coordonnées. L'application de mesures efficaces peut remédier rapidement à cette situation à très court terme en attendant des solutions structurelles. »

La note recommande aux consommateurs de « s'assurer de disposer un maximum d'informations avant de se procurer une eau (sachets, bouteilles, kiosques) ». Ils sont « aussi conseillés de s'approvisionner en eau traitée dans des récipients propres préalablement désinfectés et hermétiquement fermés. Toujours avoir un petit bidon d'eau en sortant est une bonne attitude pour éviter la consommation de sachet d'eau de qualité douteuse. »

Les consommateurs « victimes de gastro-entérite (vomissements, diarrhée, crampes abdominales et fièvre, ...) suite à la consommation d'une eau, sont invités à porter plaintes via le système de doléance mise en place par le Ministère du Commerce et de l'Industrie pour les suites utiles » à l'adresse https://mci.gouv.ht/doleances.php.

Cette note détaillée fait suite à l'assise organisée le 30 janvier à l'hôtel Montana où le MCI avait annoncé que 92% des sachets d'eau analysés ne respectent pas les normes. Le ministre James Monazard avait déclaré lors de cette restitution que « l'eau, source de vie, ne saurait être considérée comme une simple marchandise, mais constitue un pilier de la dignité humaine, de la santé publique et du développement ». Un plan d'action interinstitutionnel avait été annoncé sous le leadership du Premier ministre Fils-Aimé.

Le contexte sanitaire demeure préoccupant avec 2 900 cas de choléra recensés entre janvier et septembre 2025, dont 27 décès. L'accès à l'eau potable sûre constitue un déterminant majeur de la santé publique, particulièrement dans un contexte où les maladies d'origine hydrique représentent une menace constante.


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