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Le MENFP clôture les Assises Nationales avec une Déclaration de 28 articles pour la refondation du système éducatif

Le MENFP clôture les Assises Nationales avec une Déclaration de 28 articles après trois jours de débats sur la refondation éducative.

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« Refonder l'école haïtienne ne sera pas facile ni rapide. La démarche s'inscrit dans une temporalité à la fois fluide et dynamique » : le ministre Augustin Antoine adopte une déclaration après trois jours de débats intenses

PORT-AU-PRINCE — Le Ministère de l'Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle a procédé vendredi 23 janvier dans l'après-midi à la clôture des Assises Nationales de la Refondation du Système Éducatif Haïtien, à l'issue de trois jours de débats intenses et d'échanges approfondis (21, 22 et 23 janvier 2026). Le ministre Augustin Antoine a adopté une Déclaration comportant 28 articles « proposant des pistes de solutions aux différents problèmes diagnostiqués dans le secteur », selon le communiqué officiel publié le 24 janvier (JO-260124).

La Déclaration a été adoptée « au terme de cette grande rencontre, laquelle a réuni des délégués issus de divers secteurs de la vie nationale ainsi que des représentants de la coopération internationale ». Le document produit lors de ces Assises vise à établir un cadre de référence pour la transformation profonde du système éducatif haïtien dans un contexte national particulièrement difficile.

« C'est avec une profonde émotion, mais surtout un sens aigu de responsabilité, que je prends la parole pour marquer la clôture officielle de ces Assises qui ne furent pas un simple exercice institutionnel et intellectuel, mais plutôt un moment de vérité nationale », a déclaré le titulaire du MENFP, avant de saluer l'engagement des participants. Le ministre a souligné que « refonder l'école haïtienne ne sera pas facile ni rapide. La démarche s'inscrit dans une temporalité à la fois fluide et dynamique. Elle exige du temps, de la cohérence, des ressources, mais surtout de la volonté politique et de la responsabilité collective ».

Selon le ministre Augustin Antoine, « on ne peut pas parler d'éducation aujourd'hui en Haïti sans reconnaître la gravité du contexte dans lequel elle évolue ». Il a fait mention, « entre autres, de la crise socio-économique profonde, des déplacements massifs de populations, de la fermeture prolongée des écoles, du dilemme des enseignants vivant dans la précarité et des enfants privés de leur droit fondamental à l'instruction ».

Le ministre a déclaré reconnaître que « dans certaines zones, l'apprentissage scolaire est devenu un acte de bravoure et de résistance. Dans d'autres, enseigner est un acte de résistance ». Il a ajouté : « Pourtant, en dépit de la peur et de l'incertitude, l'école haïtienne tient encore debout grâce au courage silencieux de milliers d'enseignantes et d'enseignants, à la détermination des parents, à la quête d'un avenir meilleur poursuivie par les jeunes. »

Selon le premier enseignant de la République, « l'école est le lieu où doit se reconstruire la nation à partir des territoires. En ce sens, il demeure de plus en plus convaincu que l'éducation est le chemin le plus sûr vers la dignité humaine, la paix et le développement durable ». Le ministre a conclu en exprimant « le souhait que ces Assises constituent un repère historique pour la Nation ».

Le communiqué souligne que « durant ces trois jours, il convient de le souligner, des enseignants, des directeurs d'écoles, des inspecteurs, des universitaires, des parents, des élèves, des syndicats, des représentants des collectivités territoriales, de la diaspora ainsi que des partenaires techniques et financiers, entre autres, se sont réunis afin de poser un acte courageux et nécessaire : examiner le système éducatif haïtien sans complaisance, mais avec lucidité et espoir ».

Ces Assises Nationales interviennent dans un contexte où le système éducatif haïtien traverse l'une de ses crises les plus graves. Au moins 1 600 écoles ont été fermées en avril 2025, particulièrement à Port-au-Prince et dans les régions environnantes, affectant plus de 240 000 étudiants et plus de 7 500 enseignants. Près de 1,5 million d'enfants sont hors de l'école en raison d'une combinaison de violence armée, de déplacements, de pauvreté systémique et de l'effondrement des infrastructures étatiques.

Les écoles qui restent ouvertes fonctionnent dans des conditions dégradées, souvent sans électricité, sans assainissement adéquat ou sans financement suffisant du gouvernement. Des bâtiments scolaires ont été utilisés comme abris pour les familles déplacées, particulièrement à la suite d'attaques et de relocalisations forcées. Le système éducatif haïtien est fortement privatisé : environ 90% des écoles sont privées, gérées par des églises, des ONG ou des organisations internationales, les familles assumant la majeure partie des coûts éducatifs.

Le Ministère de l'Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle a publié le 20 novembre un mémorandum (No M-31.173) réitérant l'interdiction d'accès à une salle de classe sans lettre de nomination ou contrat pour l'année académique 2025-2026, annonçant une réorganisation de la gestion des ressources humaines dans le secteur éducatif public. Cette directive vise à « assurer un contrôle rigoureux du personnel enseignant et à renforcer la conformité administrative au sein du système éducatif haïtien ».

L'Université d'État d'Haïti a néanmoins maintenu ses processus d'admission et ses activités académiques malgré les contraintes. L'institution a signé des accords de coopération internationale avec l'École Européenne de Direction et d'Entreprise (EUDE Business School) d'Espagne le 15 décembre et avec l'Université Ibn Tofaïl de Kénitra au Maroc le 11 décembre, témoignant de la volonté de modernisation et d'internationalisation malgré le contexte difficile.

La Déclaration de 28 articles adoptée lors des Assises devra être mise en œuvre dans un contexte où le Conseil Présidentiel de Transition a lancé le 18 janvier le dialogue politique national pour définir la gouvernance après le 7 février 2026, fin de son mandat. La stabilisation sécuritaire, la continuité du processus électoral et le rétablissement des services publics essentiels incluant l'éducation constituent des priorités nationales interdépendantes.

Le contenu spécifique des 28 articles de la Déclaration n'a pas été détaillé dans le communiqué du MENFP, mais le document devrait aborder des thématiques incluant la formation des enseignants, la modernisation des curricula, l'amélioration des infrastructures scolaires, le financement du secteur éducatif, la gouvernance du système, l'équité d'accès à l'éducation et les mécanismes de résilience face aux crises.


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