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Le ministre de la Défense Andrésol visite la base Anacaona en vue de la formation d'une nouvelle classe d'enrôlés des FAd'H

Le ministre de la Défense Mario Andrésol visite la base Anacaona en vue de la formation d'une nouvelle classe d'enrôlés.

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« Renforcer et déconcentrer les infrastructures d'accueil des Centres militaires de formation dans une perspective d'augmentation continue et rapide de l'effectif militaire » : inspection des dortoirs, infirmerie et salles de formation

GRESSIER/LÉOGÂNE — Le ministre de la Défense, Mario Andrésol, « accompagné d'une délégation composée de hauts gradés de l'armée ainsi que de cadres du Ministère, a effectué, ce dimanche 5 avril 2026, une visite d'évaluation à la base militaire "Anacaona", située entre Gressier et Léogâne », selon un communiqué du Ministère de la Défense.

La visite s'inscrit « dans le cadre des préparatifs relatifs au lancement de la formation d'une nouvelle classe d'enrôlés des Forces Armées d'Haïti », précise le document. « Ces séries de missions d'évaluation des infrastructures de formation s'inscrivent dans la volonté du Premier ministre de renforcer et de déconcentrer les infrastructures d'accueil des Centres militaires de formation dans une perspective d'augmentation continue et rapide de l'effectif militaire. »

« Sous la conduite du commandant de la base d'Anacaona, le Major Fruitz Charlotin, le Ministre de la Défense a procédé à une inspection approfondie des principales installations, notamment les dortoirs, l'infirmerie ainsi que les salles de formation. Cette démarche lui a permis non seulement d'évaluer les besoins en termes de réhabilitation et de développement de ces infrastructures de formation, mais aussi de se faire une idée objective des conditions de vie et de travail quotidiennes des militaires de la base », indique le communiqué.

« Au terme de cette visite, le Ministre de la Défense s'est entretenu avec les membres du personnel militaire. Après avoir pris acte de leurs doléances, il a réaffirmé la ferme détermination du Premier ministre d'engager, dans les meilleurs délais, les travaux de réhabilitation de la base, en vue de doter les Forces Armées d'Haïti d'un environnement conforme aux standards de formation, de discipline et de professionnalisation », conclut le document.

Mario Andrésol, ancien Directeur Général de la Police Nationale d'Haïti (2005-2007), occupait précédemment le poste de Secrétaire d'État à la Sécurité Publique sous le gouvernement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Il avait présenté le 3 février lors de la 35e édition des Mardis de la Nation le cadre de coopération stratégique MJSP-PNUD avec cinq axes structurants. Sa nomination comme ministre de la Défense marque une consolidation de ses responsabilités dans le domaine sécuritaire.

Cette visite s'inscrit dans la stratégie gouvernementale de renforcement des Forces Armées d'Haïti. Le Président du CPT Laurent Saint-Cyr, accompagné du Premier ministre Fils-Aimé et du ministre de la Justice Pelissier, avait effectué le 26 janvier une visite au Grand Quartier Général des FAd'H pour renforcer la coordination des efforts anti-gangs. Le Premier ministre avait alors réaffirmé « l'engagement total du Gouvernement à moderniser les Forces Armées d'Haïti, améliorer leurs capacités opérationnelles, logistiques et humaines ».

Le processus de modernisation des FAd'H vise à « bâtir une armée professionnelle, moderne et opérationnelle ». L'augmentation de l'effectif militaire mentionnée dans le communiqué répond aux besoins sécuritaires dans un contexte où les groupes armés contrôlent près de 90% de Port-au-Prince selon les données d'octobre 2025.

La base militaire Anacaona, située entre Gressier et Léogâne dans le département de l'Ouest, constitue l'une des infrastructures de formation des FAd'H. La stratégie de « déconcentration » des centres de formation vise à répartir les capacités d'instruction militaire sur plusieurs sites plutôt que de les concentrer dans la capitale, permettant une formation simultanée de davantage de recrues.

Le Premier ministre Fils-Aimé a rencontré le 25 février le Secrétaire d'État américain Marco Rubio en marge de la Conférence CARICOM. Les discussions avaient porté sur « la mobilisation des partenaires en appui au déploiement de la Force de Répression des Gangs (FRG), notamment en matière de ressources humaines spécialisées, d'équipements stratégiques, d'appui logistique et de soutien financier ». Le renforcement des FAd'H s'inscrit dans cette approche globale de sécurisation.

La FRG, qui a remplacé la Mission multinationale d'appui à la sécurité en octobre 2025, compte actuellement environ 1 000 agents déployés, largement en deçà de l'objectif de 5 500 personnel autorisés. L'augmentation de l'effectif militaire mentionnée pourrait viser à compléter les capacités de la FRG par un renforcement des FAd'H.

Le Gouvernement a également intensifié le recrutement policier. Le 23 janvier, 877 nouveaux policiers ont été gradués dans le cadre du Projet P4000 visant la formation de 4 000 agents d'ici début 2027. Cette double approche – renforcement de la police et des forces armées – reflète la stratégie de sécurisation globale du territoire.

Le Premier ministre a tracé le 7 mars la feuille de route gouvernementale définissant comme première priorité « le rétablissement de la sécurité sur l'ensemble du territoire ». La « redéfinition des cadres normatifs de la sécurité » mentionnée parmi les axes prioritaires inclut vraisemblablement le renforcement des capacités militaires.

Toutefois, la situation sécuritaire demeure extrêmement préoccupante. L'OIM a rapporté le 11 mars que des attaques armées survenues à partir du 8 mars à Croix-des-Bouquets et Cité Soleil ont entraîné le déplacement de 2 945 personnes (822 ménages), s'ajoutant aux 1,4 million de déplacés internes. L'UNICEF a annoncé le 12 février une hausse de 200% du recrutement d'enfants par les groupes armés en Haïti en 2025.

L'annonce de « travaux de réhabilitation de la base dans les meilleurs délais » nécessitera un financement dont le montant et la source ne sont pas précisés dans le communiqué. Le Gouvernement fait face à des contraintes budgétaires importantes, avec un besoin de financement estimé à 120 millions USD uniquement pour l'organisation des élections.

Le Conseil des Ministres avait adopté le 7 février le Premier ministre Fils-Aimé comme ministre de l'Économie et des Finances ad interim. Le Premier ministre a présidé le 23 mars une réunion sur le budget des élections avec le CEP et les partenaires internationaux, sans qu'aucun montant ni engagement financier ne soit annoncé.

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