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« Le destin de tout peuple repose sur les décisions et l'engagement de ses enfants pour le servir » : gouvernement, partis politiques, secteurs économique et social et société civile s'engagent pour la tenue d'élections crédibles
PORT-AU-PRINCE — Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a participé lundi 23 février « à la cérémonie officielle de présentation du Pacte National pour la Stabilité et l'Organisation des Élections, organisée à la Villa d'Accueil », selon un communiqué de presse de la Primature.
« Cette cérémonie solennelle a réuni des membres du Gouvernement, des représentants du Corps diplomatique et consulaire accrédités en Haïti, des acteurs des partis politiques, des représentants des secteurs économique et social, ainsi que des figures de la société civile. Par leur présence, ces différents secteurs ont affirmé leur volonté commune de contribuer à la stabilisation institutionnelle et au rétablissement de l'ordre constitutionnel. »
Selon le communiqué, « la signature de ce Pacte constitue une étape stratégique majeure dans le processus de transition. Elle traduit une détermination politique claire : créer les conditions indispensables à la tenue d'élections crédibles, inclusives et transparentes, tout en renforçant la stabilité institutionnelle et la sécurité nationale ».
« Dans son allocution, le Premier ministre a salué l'engagement des signataires, soulignant qu'en apposant leur signature, ils ont fait le choix du dialogue, de la responsabilité historique et de l'intérêt supérieur de la Nation. »
Le Chef du Gouvernement a déclaré : « Le destin de tout peuple repose sur les décisions et l'engagement de ses enfants pour le servir. Chaque génération qui parvient à servir son pays en mettant de côté les intérêts personnels et les querelles, c'est le chemin de l'histoire qu'elle prend. »
Le Premier ministre a « insisté sur le fait que l'adoption de ce Pacte est l'aboutissement de plusieurs jours d'intenses consultations, d'échanges francs et de convergences responsables. Il a salué les hommes et les femmes qui, au-delà des divergences, ont privilégié l'unité nationale, la paix civile et la stabilité politique ».
« La plus grande victoire, c'est la victoire pour la démocratie. C'est la victoire de tout le pays. En ce moment, nous ne nous comportons pas seulement comme des dirigeants politiques. Nous montrons au monde entier que nous sommes le ciment qui coule le béton de stabilité pour la Nation », a poursuivi le Premier ministre.
Selon le communiqué, « par cet engagement collectif, les signataires ont démontré leur maturité politique et leur volonté d'inscrire la transition dans une logique de responsabilité partagée. Ce Pacte établit les bases d'une sortie coordonnée, ordonnée et planifiée de la période transitoire ».
Le Premier ministre a « réaffirmé son engagement ferme à garantir la mise en œuvre effective des dispositions du Pacte, en mettant l'accent sur » cinq priorités : « le renforcement de la sécurité publique ; la consolidation institutionnelle ; la transparence du processus électoral ; l'implication active de la jeunesse ; la création de richesses et la relance économique ».
Le document conclut : « Le Gouvernement entend ainsi faire de cette initiative un socle politique durable, capable de restaurer la confiance des citoyens et de la communauté internationale, tout en ouvrant la voie à des élections libres, démocratiques et crédibles, au bénéfice exclusif du peuple haïtien. »
Cette signature intervient dans le cadre du processus de transition post-Conseil Présidentiel de Transition. Le Conseil des Ministres a adopté le 7 février un décret plaçant le Pouvoir Exécutif sous l'égide du Conseil des Ministres sous la présidence du Premier ministre Fils-Aimé, définissant comme priorités le rétablissement de la sécurité publique, l'organisation d'élections libres et transparentes, et la garantie du fonctionnement régulier des institutions.
Le Conseil Présidentiel de Transition avait lancé le 18 janvier le dialogue politique national avec plusieurs secteurs pour définir un mécanisme de gouvernance pour la période post-7 février. Les discussions avaient réuni le MORN, le Consensus politique (EDE, Pitit Dessalines, Ansanm Nou Fò, Accord historique 14 août, RENAPA, Parti Ayisyen pou Ayiti), COPPOS-Haïti, KOREPAD, les Accords Montana et 21 décembre.
Le Conseil Électoral Provisoire a présenté un projet de décret le 30 octobre. Le financement nécessaire pour l'organisation des élections est estimé à 120 millions USD. Aucune élection n'a été organisée en Haïti depuis 2016. Le Parlement a été dissous en janvier 2023.
Le communiqué ne précise pas l'identité spécifique des signataires du Pacte, ni le contenu détaillé de ses dispositions, ni le calendrier électoral envisagé. Les mécanismes de mise en œuvre et de suivi du Pacte ne sont pas non plus détaillés dans le document.
Cette signature intervient dans un contexte sécuritaire extrêmement difficile. Les groupes armés contrôlent près de 90% de Port-au-Prince selon les données d'octobre 2025. Le Gouvernement a intensifié les opérations sécuritaires avec la graduation de 877 nouveaux policiers le 23 janvier dans le cadre du Projet P4000. Le Secrétaire d'État à la Sécurité Publique Mario Andrésol a présenté le 3 février le cadre de coopération stratégique MJSP-PNUD avec cinq axes structurants.
La Gang Suppression Force, qui a remplacé la Mission multinationale d'appui à la sécurité en octobre 2025, compte actuellement environ 1 000 agents déployés, largement en deçà de l'objectif de 5 500 personnel autorisés. Trois navires militaires américains sont arrivés dans la baie de Port-au-Prince dans le cadre de l'opération Southern Spear.
L'accent mis par le Premier ministre sur le « renforcement de la sécurité publique » comme première priorité reflète la reconnaissance que le rétablissement de l'autorité de l'État sur le territoire constitue une condition préalable à l'organisation d'élections crédibles. Lors de la cérémonie de fin de mandat du CPT le 7 février, le Président Laurent Saint-Cyr avait souligné que « c'est la première fois depuis 5 ans qu'on arrive aussi loin dans le processus électoral ».
L'implication du Corps diplomatique et consulaire à cette cérémonie témoigne de l'importance accordée par la communauté internationale au processus électoral haïtien. Le Département d'État américain avait imposé le 25 janvier des restrictions de visa à deux membres du CPT pour « implication dans l'opération de gangs », soulignant la volonté américaine de promouvoir la reddition de comptes.
La référence à « l'implication active de la jeunesse » parmi les priorités intervient alors que l'UNICEF a annoncé le 12 février une hausse de 200% du recrutement d'enfants par les groupes armés en Haïti en 2025, reflétant la vulnérabilité de cette population dans le contexte de violence et de pauvreté extrême.