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« La sécurité constitue un droit fondamental du peuple haïtien et un devoir régalien de l'État » : Mario Andrésol détaille cinq axes structurants lors de la 35e édition des Mardis de la Nation
PORT-AU-PRINCE — Le Secrétaire d'État à la Sécurité Publique, Mario Andrésol, est intervenu mardi 3 février lors de la 35e édition des Mardis de la Nation pour « réaffirmer la détermination sans équivoque du Gouvernement de la République à rétablir l'ordre, la sécurité et l'autorité de l'État sur l'ensemble du territoire national », selon un communiqué de presse officiel.
« Prenant la parole au nom du Gouvernement conduit par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, le Secrétaire d'État a souligné que la sécurité publique constitue une priorité stratégique absolue et une condition essentielle à la stabilité politique, au redressement économique et au retour à la vie démocratique ». Il a rappelé que « l'État haïtien est engagé dans une offensive structurée, durable et irréversible contre l'insécurité sous toutes ses formes ».
Le Secrétaire d'État a mis en avant « la signature, fin juillet 2025, d'un cadre de coopération stratégique entre le Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), conçu comme un instrument de renforcement de la capacité souveraine de l'État haïtien, et non comme un mécanisme de substitution ».
Selon Mario Andrésol, ce cadre de coopération « s'articule autour de cinq axes structurants et complémentaires » : le renforcement effectif de la gouvernance et du pilotage stratégique de la sécurité publique ; la consolidation du cadre juridique, stratégique et normatif du secteur de la sécurité ; l'appui direct aux mécanismes gouvernementaux de planification et de prise de décisions stratégiques ; le renforcement de la résilience des communautés face aux menaces sécuritaires, criminelles et non criminelles ; et l'intensification de la lutte contre la criminalité transnationale organisée, la promotion d'une sécurité inclusive et l'affirmation de l'équité dans l'action sécuritaire de l'État.
« L'objectif central de ce cadre de coopération est de soutenir l'État haïtien dans sa reconquête progressive et méthodique du territoire, en vue d'instaurer un climat de sécurité durable, notamment dans les départements de l'Ouest, de l'Artibonite et du Centre, particulièrement exposés aux actions des gangs armés », précise le communiqué.
« Dans le cadre de la mise en œuvre de cette stratégie, le Bureau du Secrétaire d'État à la Sécurité Publique s'est doté d'experts nationaux et internationaux de haut niveau, appelés à travailler en synergie avec les institutions de l'État et le PNUD. Cette approche vise à renforcer les capacités opérationnelles, institutionnelles et décisionnelles de l'État, condition indispensable à la stabilisation du pays et à la protection durable des citoyens. »
Le Gouvernement réaffirme que « la sécurité n'est ni négociable ni optionnelle. Elle constitue un droit fondamental du peuple haïtien et un devoir régalien de l'État, qui assume pleinement ses responsabilités ».
Mario Andrésol, ancien Directeur Général de la Police Nationale d'Haïti (2005-2007), occupe le poste de Secrétaire d'État à la Sécurité Publique sous le gouvernement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Le Secrétariat d'État à la Sécurité Publique joue un rôle de coordination stratégique des politiques de sécurité en appui au ministre de la Justice et de la Sécurité Publique, Dr Patrick Pelissier.
Le Gouvernement a gradué le 23 janvier 877 nouveaux policiers dans le cadre du Projet P4000 visant la formation de 4 000 agents d'ici début 2027. Le Premier ministre Fils-Aimé avait déclaré lors de cette cérémonie : « L'État ne recule plus ; il assume pleinement sa mission. » Le 25 janvier, le Président du CPT Laurent Saint-Cyr, le Premier ministre et le ministre Pelissier ont supervisé des opérations policières intensifiées à Bel-Air et Delmas 4.
Le Gouvernement a également lancé le 19 janvier la Caravane nationale de réduction de la surpopulation carcérale et de la détention préventive prolongée, avec l'audition de 20 détenus incarcérés sans jugement au Tribunal de Port-au-Prince. Cette initiative vise à corriger une situation où près de 80% de la population carcérale est en attente de jugement.
Selon les données d'octobre 2025, les groupes armés contrôlent près de 90% de Port-au-Prince. Les départements de l'Ouest, de l'Artibonite et du Centre mentionnés par le Secrétaire d'État constituent les zones les plus affectées par la violence liée aux gangs. La Gang Suppression Force (GSF), qui a remplacé la Mission multinationale d'appui à la sécurité en octobre 2025, compte actuellement environ 1 000 agents déployés, largement en deçà de l'objectif de 5 500 personnel autorisés.
Le cadre de coopération MJSP-PNUD signé fin juillet 2025 s'inscrit dans une approche de renforcement des capacités nationales plutôt que de substitution aux institutions haïtiennes. Le PNUD a développé une expertise en appui aux systèmes de sécurité et de justice dans plusieurs pays, particulièrement dans les contextes post-conflit ou de transition démocratique.